Digital learning, les tendances de la formation à distance


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Comment la formation pour adulte, et plus particulièrement le e-learning, ont-ils évolué ces dernières années ?

Nous avons vu l’apparition des Learning Management System qui permettent de créer des modules e-learning et de suivre la progression des apprenants. Nous avons aussi assisté à l’essor des MOOC qui proposent des parcours de formation vidéo scénarisés associés à un forum d’échanges entre apprenants. Le digital « augmente » la formation présentielle, avec l’émergence de parcours gamifiés, et de parcours hybrides (blended learning).

Blended learning, le nouveau standard ?

Le blended learning tend à devenir un nouveau standard car il permet de mixer distanciel et présentiel. Difficile aujourd’hui d’envisager un parcours de formation entièrement en physique. Mais difficile aussi de n’envisager un parcours qu’à distance, tant il est difficile d’engager un apprenant sur la durée. A moins que…

En fait, la distance et le numérique ont profondément et durablement modifié les usages de formation. Alors comment le digital maintient-il un bon niveau d’engagement et d’efficacité à distance ? Et comment va-t-il plus loin encore ?

Un accès à la formation en continu

Internet garantit un accès à des contenus partout et tout le temps. Or la formation digitale étant elle-même un contenu (écrit, vidéo…), elle est aussi accessible partout et tout le temps (gratuitement ou non). Ainsi, chacun peut rechercher une information et se former par lui-même. Le e-learning a embrassé ces nouveaux usages avec le développement des MOOC, mais aussi, plus récemment, avec le microlearning.


Le microlearning adopte un principe de granularisation. L’apprenant suit un parcours composé de plusieurs capsules courtes (maximum 5 min) ayant chacune un seul objectif.


Ce type de format rend la formation plus flexible. Associé à de la gamification, le microlearning incite l’apprenant à revenir, ce qui améliore, par conséquent, le taux de complétion d’une formation. Selon plusieurs études réalisée en 2018, un MOOC n’était terminé que par 5 à 10% des personnes inscrites. Il y a donc là un enjeu important, auquel le microlearning peut répondre.

Le digital learning personnalisé

Le format microlearning est issu d’une nouvelle façon de concevoir la formation, plus « user-centric » : l’adaptive learning. L’idée est d’adapter le parcours de formation en fonction des besoins réels de l’apprenant. Par exemple : selon si l’apprenant a besoin de s’initier à une notion ou de mettre en pratique cette notion, ses besoins de formation seront différents.

Grâce à l’exploitation des données apprenants et à l’usage de l’IA, la personnalisation est désormais possible. De même qu’il est possible de suivre en temps réel la progression de l’apprenant. Il existe aussi des agrégateurs de contenu gonflés à l’IA qui sélectionnent des ressources pédagogiques venant du Web (articles, TedX…). C’est une sorte de professeur/tuteur/robot en somme ;-).

L’enjeu, c’est la Learner Experience

Alors d’accord, la formation se personnalise. L’apprenant peut trouver la formation dont il a besoin à tout moment. Mais qu’en est-il de son implication ? Pas facile de se motiver. Par ailleurs, comment être sûrs que ce que l’apprenant assimile est bien acquis ? L’enjeu semble être de pouvoir proposer une expérience d’apprentissage à distance attractive et efficace.

Pour qu’une formation soit attractive, il est important qu’elle soit facile à suivre. C’est ce à quoi répond le mobile learning, qui connaît un essor important depuis peu.


Le mobile learning, c’est du microlearning en mobilité. On prend en compte le fait que l’apprenant peut changer d’appareil (ordinateur, smartphone, tablette) à tout moment et dans tout type de contexte (métro, chez soi, rue…).


Cela implique de créer des contenus et des plateformes responsive et faciles à utiliser. En cela, la conception de formation rejoint les notions d’UX design et d’usabilité propres au développement logiciel.

Selon un témoignage de Thibault Galy-Dejean, Responsable de Pôle #EdTech chez Leroy Merlin, le taux d’engagement apprenant en mobile learning est de 78 à 82%, contre 24 à 26% pour une formation créée avec un LMS classique. Une telle différence s’explique en partie par la granularisation du parcours de formation, mais également par le fait qu’une plateforme de mobile learning facilite les échanges entre les apprenants.

Une expérience d’apprentissage digitale sociale

En cela, le mobile learning rejoint la tendance du social learning. Finalement, comment assurer une expérience d’apprentissage attractive et une meilleure assimilation des savoirs ? En facilitant le partage entre pairs. Associé, par exemple, aux classes virtuelles, le social learning étend la dynamique du groupe en dehors des cours, et permet de créer du lien à distance.


En fait, le social learning digitalise l’apprentissage informel, ces moments d’échanges où l’on reprend les notions que l’on a découvertes, où on les réexplique à ses collègues, où on les met en perspective, voire où on les approfondit.


Le concept va même plus loin : les Learner Generated Content (LGC), ce sont des contenus de formation créés par les apprenants eux-mêmes. Par exemple, on leur demande de filmer leur geste de travail et les vidéos sont intégrées dans un parcours de formation. Là aussi, ce type de format contribue à une meilleure implication des apprenants.

Une expérience d’apprentissage immersive

Il existe une autre tendance qui permet aussi d’améliorer l’implication des apprenants et l’efficacité d’une formation : celle de la pédagogie immersive. Grâce à la réalité virtuelle, l’apprenant peut mettre en pratique ce qu’il apprend. C’est très utile dans le cas de formations en entreprise où le collaborateur doit assimiler de nouveaux gestes ou une nouvelle langue pour être opérationnel rapidement. Cela dit, il me semble que la formation physique (ou physico-virtuelle) a encore beaucoup à offrir dans ce domaine. Affaire à suivre…

Pour conclure, l’émergence des MOOC il y a une quinzaine d’années a ouvert la voie vers de nouveaux usages d’apprentissage, plus accessibles, plus personnalisés, plus « sociaux ». L’heure est au partage de la connaissance plutôt qu’à la transmission descendante. Ainsi, l’enjeu pour le responsable de formation ou l’ingénieur pédagogique n’est alors plus simplement de transmettre un savoir, mais aussi et surtout de répondre à une problématique (celle de l’apprenant et celle de l’entreprise / client) en proposant une solution adaptée à ses besoins et en guidant l’apprenant tout au long de son parcours.


Sources :

7speaking.com | docplayer.net | focusrh.com | myrhline.com | hbrfrance.fr | ifcam-formation.fr